· 

Dinan, une histoire de remparts

Dans la seconde moitié du XIIIème siècle, Dinan intègre le duché de Bretagne et devient la 3ème ville du duché avec ses 30 hectares et ses 3 km de remparts construits à cette époque. Il reste aujourd'hui quelques portions des murailles du XIIIème siècle mais leur état est inquiétant.

Sur la photo ci-contre, vous pouvez voir qu'il y avait déjà des barrières en août 2020, le mur donnant des signes de fatigue à cet endroit.

La tour Beaufort, au centre de la photo, date du XIIIème siècle. C'est donc une des plus anciennes tours de l'ensemble fortifié de Dinan.

Ci-dessus : la tour Beaufort (XIIIème). Remarquez la fine archère typique de la période, élargie à sa base ultérieurement pour s'adapter aux progrès de l'armement.

Un rempart très vieux donc très fragile !

 

Pour beaucoup de cités historiques qui veulent prendre soin de leurs remparts médiévaux, se pose le problème de la propriété !

En effet, une partie des remparts appartient souvent à des propriétaires privés qui ont appuyé des constructions contre la muraille.

Ces propriétaires privés ne savent pas toujours que l'entretien de la muraille leur incombe, même en cas d'éboulement. Une fois informés, c'est plus facile de les convaincre de vendre à l'euro symbolique pour se débarrasser d'une source potentielle d'ennuis. Mais c'est plus compliqué quand ils ont leur maison sur le rempart, bien sûr.

A Dinan, c'est 520 mètres de murs et 2 tours qui appartiennent à une quarantaine de propriétaires privés. On retrouve la même problématique à Vitré, par exemple où à certains endroits, le rempart appartient sur 30 cm d'épaisseur à la ville et pour le reste à des propriétaires privés !


L'ensemble du rempart urbain de Dinan est un des plus beaux de l'Ouest de la France. Si on compare avec Vitré qui présente le plus bel ensemble château+enceinte, Dinan l'emporte concernant la surface conservée de l'enceinte urbaine.

Sans parler de la célèbre tour ducale (improprement appelée "donjon"). Couronnée d'un chemin de ronde présentant encore de beaux mâchicoulis allongés vers le bas. Elle était recouverte à l'origine d'une grande toiture d'ardiose qui lui donnait une superbe silhouette et qui fut supprimée au XVIIème (on a fait l'inverse à la tour Solidor, à Saint-Malo !).

 

 

Jusqu'au XVIIIème, Dinan a conservé intact sa ceinture de remparts. Une tourelle et la Toure du Bois Harouard avaient été détruites entre 1781 et 1783 pour ouvrir le grand chemin (actuellement rue du Général de Gaulle). La tour de la rue Neuve (actuelle rue de la Garaye, au nord), est détruite en 1807. Enfin, en 1881, la puissante porte de Brest est rasée. Grande émotion ! Le 12 juillet 1886, l'ensemble des remparts est classé MH. On en gardera l'empreinte et un soubassement reconstitué pour mémoire.

 


Vous avez dit éboulements ?

Une partie des remparts s'étaient déjà écroulée en 2007. La ville était alors assurée et les travaux de réparation n'avaient pas tardé. Mais quand 15 mètres de rempart s'écroulent à nouveau en 2015, la ville n'est plus assurée et il faut trouver les 1,5 millions d'euros nécessaires !

Un autre éboulement a lieu le 24 décembre 2020 avant le dernier en date le 1er janvier de cette année 2021. Le rempart est heureusement assuré mais ici encore, on se retrouve avec une copropriété ville/propriétaire privé. Les frais seront donc partagés.

Écrire commentaire

Commentaires: 0